L’intelligence des animaux est au-dessus de toute négation. Mais que fait l’homme pour améliorer l’état mental de ces concitoyens résignés ? Il leur offre une instruction médiocre, espacée, incomplète, telle qu’un enfant n’en voudrait pas pour lui-même : et il aurait raison, le cher petit être. Cette instruction consiste surtout à développer l’instinct de cruauté et de vice qui existe ataviquement chez les individus. Il n’est jamais question, dans les programmes de cet enseignement, ni d’art, ni de littérature, ni de sciences naturelles, morales, ou d’autres matières. Les pigeons voyageurs ne sont nullement préparés, à leur mission, par un usage de la géographie ; les poissons sont tenus à l’écart de l’étude de l’océanographie ; les bœufs, les moutons, les veaux ignorent tout de l’agencement raisonné d’un abattoir moderne, et ne savent pas quel est leur rôle nutritif dans la société que s’est constituée l’homme.
