Olga, la soeur d’Erik Satie

Olga Satie avec ses élèves de piano à Buenos Aires en 1937

Bien que moins connue que son frère, Olga a mené une vie intéressante qui mérite d’être explorée.

Tous nés à Honfleur, Erik né le 17 mai 1866, Olga, née le 17 juillet 1868, Conrad, son frère en 1869, et Diane en 1870. La famille Satie déménage à Paris en 1872. Après la mort de leur mère en 1871 et celle de leur sœur Diane la même année, Erik et Conrad ont été confiés à leurs grands-parents maternels à Honfleur, tandis qu’Olga a été envoyée au Havre chez M. Nicolas Fortin, un oncle maternel. Selon les souvenirs de Conrad, Erik et Olga ne s’entendaient pas et se disputaient fréquemment, tandis qu’Erik et Conrad étaient plus proches.

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Souffrances de la petite enfance d’Erik Satie

Escalier menant à la "petite fille aux grands yeux verts"Comme le dirait Henri Sauguet, comprendre « l’inexplicable » Erik Satie est compliqué. Certains biographes ont relevé avec brio ce défi sans tomber dans les pièges des systèmes philosophico-esthétiques. C’est le cas de Jean-Pierre ARMENGAUD auteur de plusieurs publications sur Erik Satie, pianiste, musicologue, ancien professeur-associé à l’Université de Paris IV-Sorbonne qui a donné une interview en deux parties sur YouTube à Culture Sphère intitulée « Erik Satie l’inexplicable »

Partie 1 https://www.youtube.com/watch?v=TTMq8xrPqOM

Partie 2 https://www.youtube.com/watch?v=o8ulAntJT3s

Jean-Pierre Armengaud a ainsi balayé la vie complète de cet HomériK compositeur, égaré sur la plage, qui contemple les rives de Sparte. Il commence dans la première partie de cette interview par les tourments de son enfance.

Reprenons-les et tentons d’y voir plus clair sur cet abandon, « à droite et à gauche » mais si possible avec « lunette ».

En effet, Satie disait qu’il en avait « eu plus que sa dose ». Il s’est ainsi interrogé sur son arrivée sur terre. Il se demandait si on l’y avait envoyé pour s’amuser ou mis là pour oublier les mystères de l’au-delà dont il ne se souvenait plus. « N’y suis-je pas opportun ? » lançait-il…

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Ornella Volta : Une vie consacrée à Erik Satie

Ornella Volta nous a quitté à l’âge de 93 ans ce dimanche 16 aout au matin, elle qui durant une très grande partie de sa vie a étudier, travailler, écrit et mieux fait connaitre Erik Satie auprès du public. Sa longue histoire avec Satie commence par hasard dans les années 60, sa sœur lui demande de profiter d’un voyage à Paris pour lui apporter des informations sur un compositeur français qu’elle connait à peine, Erik Satie, et c’est là que la passion commence, elle consulte le peu d’ouvrage le concernant et quelques années plus tard elle décide de s’installer à Paris pour se consacrer entièrement au compositeur, elle rencontre ceux qui l’on connut, Pierre-Daniel Templier, le premier biographe, et aussi Georges Auric, Man Ray, René Clair, Henri Sauguet, Pierre Bertin et bien d’autres encore, elle réunit tout les documents le concernant, photos, articles, dessins, et aussi sa correspondance qu’elle publie dans l’ouvrage « Erik Satie, Correspondance presque complète » qui obtient le Prix du Jury du Prix des Muses en 2000. Elle publiera de nombreux ouvrages entièrement consacrés à Satie sur des sujets aussi pointus que ses dessins, la danse, tous ses écrits. Devenue Présidente de la Fondation Erik Satie, Ornella Volta ouvre à Montmartre le plus petit musée du monde « Le Placard » que Satie occupa quelques années, faute de subvention le musée ferme mais son travail continue, elle anime conférences, évènements, rassemble une quantité importante de documents qui seront ensuite déposés aux archives de l’IMEC, reconnue comme la biographe la plus importante de Satie, elle s’intéresse aussi aux domaines proches du compositeur, le mouvement DADA, le surréalisme, le groupe des Six pour lesquels elle est régulièrement consultée. Avant tout musicologue Ornella Volta a vraiment contribué à mieux faire connaitre et apprécié Erik Satie injustement mal aimé pendant bien des années. Jusqu’à la fin, elle a travaillé, corrigé avec acharnement malgré la fatigue pour terminer la nouvelle édition des « Ecrits » de Satie. Je l’ai vu rangé, classé, rassemblé, mettre en ordre une quantité de documents impressionnante, voulant être prête pour rejoindre paisiblement celui qu’elle a tant connu et aimé.

André SZEP

Le compositeur du silence

 

La postérité réduit souvent les artistes les plus inventifs à leurs œuvres les plus aimables. Tel est le sort du compositeur Erik Satie, un siècle et demi après sa naissance. Ses célèbres et soyeuses « Gymnopédies », qui meublèrent tant de génériques, reflètent mal la personnalité abrasive de ce communiste de la Belle Époque.

Il est troublant de dresser le portrait d’Erik Satie (1866-1925) ; il est délicat de faire le tour de sa personnalité. Il résiste, fait des blagues, vous tourne le dos et rentre toujours à Arcueil s’enfermer dans son gourbi où personne n’est admis. L’évoquer est un exercice inquiétant d’équilibriste. De qui parler ? Du jeune homme révolutionnaire en costume de velours ou du Satie définitif en costume de notaire ? Du Satie qui, à pied toujours, se rendait chez les Noailles au faubourg Saint-Germain ou de celui qui, à Arcueil, « se couchait dans le fossé et faisait l’ivrogne (1) » ? Du pianiste du cabaret Le Chat noir ou de celui du patronage laïque d’Arcueil-Cachan ? Et puis, il y a ses dessins, il y a ses écrits, il y a les Vexations à répéter 840 fois de suite. Il dit : « Pour jouer ce motif, il sera bon de se préparer au préalable, et dans le plus grand silence, par des immobilités sérieuses. » Bien. Quinze heures de musique, que John Cage et neuf autres pianistes joueront pour la première fois en 1963.

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Erik Satie : Comme un rossignol qui a mal aux dents – France Culture

Erik_Satie_portrait

 

« J’ai un peu forcé la dose » disait-il. Et si ses postures provocatrices, son humour souvent féroce, le burlesque de ses multiples travestissements, cette légende qui le représente comme un amateur dénué de culture musicale, si tout cela n’était que l’ultime pied de nez que Satie adressa au monde ?

Erik Satie continue à susciter des controverses et des malentendus. Est-il donc risible, cet homme qui révolutionna la musique, qui fut reconnu par Ravel et Debussy qu’il influença, qui collabora avec l’avant-garde, Diaghilev, Cocteau, Picasso, Picabia ?

 

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