Le compositeur du silence

 

La postérité réduit souvent les artistes les plus inventifs à leurs œuvres les plus aimables. Tel est le sort du compositeur Erik Satie, un siècle et demi après sa naissance. Ses célèbres et soyeuses « Gymnopédies », qui meublèrent tant de génériques, reflètent mal la personnalité abrasive de ce communiste de la Belle Époque.

Il est troublant de dresser le portrait d’Erik Satie (1866-1925) ; il est délicat de faire le tour de sa personnalité. Il résiste, fait des blagues, vous tourne le dos et rentre toujours à Arcueil s’enfermer dans son gourbi où personne n’est admis. L’évoquer est un exercice inquiétant d’équilibriste. De qui parler ? Du jeune homme révolutionnaire en costume de velours ou du Satie définitif en costume de notaire ? Du Satie qui, à pied toujours, se rendait chez les Noailles au faubourg Saint-Germain ou de celui qui, à Arcueil, « se couchait dans le fossé et faisait l’ivrogne (1) » ? Du pianiste du cabaret Le Chat noir ou de celui du patronage laïque d’Arcueil-Cachan ? Et puis, il y a ses dessins, il y a ses écrits, il y a les Vexations à répéter 840 fois de suite. Il dit : « Pour jouer ce motif, il sera bon de se préparer au préalable, et dans le plus grand silence, par des immobilités sérieuses. » Bien. Quinze heures de musique, que John Cage et neuf autres pianistes joueront pour la première fois en 1963.

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Erik Satie : Comme un rossignol qui a mal aux dents – France Culture

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« J’ai un peu forcé la dose » disait-il. Et si ses postures provocatrices, son humour souvent féroce, le burlesque de ses multiples travestissements, cette légende qui le représente comme un amateur dénué de culture musicale, si tout cela n’était que l’ultime pied de nez que Satie adressa au monde ?

Erik Satie continue à susciter des controverses et des malentendus. Est-il donc risible, cet homme qui révolutionna la musique, qui fut reconnu par Ravel et Debussy qu’il influença, qui collabora avec l’avant-garde, Diaghilev, Cocteau, Picasso, Picabia ?

 

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Emission de radio de 1954 : Ceux qui ont connu Erik Satie

Erik Satie

Ceux qui ont bien connu Erik Satie parlent de son oeuvre et lecture de ses textes par Jean TOPART, Solange CERTAIN, Pierre LATOUR, Jean TEMERSON, Jean Marc THIBAULT, Nelly BENEDETTI, Pierre BERTIN, François CHAUMETTE- Pierre BERTIN, ROLAND MANUEL, Blaise CENDRARS, Francis POULENC, Robert CABY, Henry SAUGUET, Jean ROY, Darius MILHAUD, Valentine HUGO, Jean GUERIN, Gabriel FOURNIER, Georges AURIC, Jean COCTEAU, Georges BRAQUE.

 

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Paris-Match : Erik Satie continue de déchaîner les passions

Erik Satie par Man Ray

150 ans après sa naissance, le compositeur fait toujours l’objet de débats enflammé. Et d’une biographie passionnée, signée Romaric Gergorin.

« Gnossiennes », « Gymnopédies », « Trois morceaux en forme de poire »… des titres singuliers, comme l’était la vie d’Erik Satie, ce défricheur de la musique moderne. Ami et grand rival de Debussy, mais aussi de Maurice Ravel sans qui Satie n’aurait jamais connu la postérité, le compositeur mort en 1925 était l’objet de nombreuses controverses. Près d’un siècle plus tard, un conseiller FN de la mairie d’Arcueil – berceau de l’œuvre de Satie, qui s’y était isolé pendant de nombreuses années – a relancé le débat en le qualifiant de « médiocre », « alcoolique », « hypocrite », « lâche » et « illuminé ». Auteur d’une récente biographie de l’artiste, Romaric Gergorin y répond point par point… :

Paris Match. Récemment, un élu du Front National d’Arcueil a dit d’Erik Satie qu’il était « médiocre ». Qu’est-ce que cela vous évoque ?

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