Qu’est-ce que tu lis ? Je lis Erik Satie

Erik Satie par Man Ray

Qu’est-ce que tu lis ? Je lis Erik Satie. Certains diront : mieux vaudrait l’écouter. Je le lis. On a le droit ? Erik Satie, on l’entend partout. Pas une journée à la télévision, pas une journée dans les ascenseurs, sans qu’on entende des morceaux, plus ou moins entiers, de quelqu’une de ses Gnossiennes, de quelqu’un de ses Préludes flasques. On l’entend et on ne l’écoute pas. Il avait inventé, la chose et le mot, la musique d’ameublement. Mais pas à propos de ses Gnossiennes, pas à propos de ses Préludes ! Ah, ah, il pensait se moquer, il est bien attrapé. Donc, je lis Erik Satie. Et je réponds à ma question : on a bien le droit, merde !

Il avait un frère, son prénom était Conrad, il sera encore question de lui à la fin de cet article. Eux-mêmes avaient une sœur, mais elle ne compte pas. On ne la cite que pour être complet. Une autre sœur était morte en très bas âge, ainsi sommes-nous archi-complet. Tous quatre étaient mi-écossais, mi-français, leur père avait séduit une Ecossaise, leur mère avait séduit un Français.

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Ornella Volta : Une vie consacrée à Erik Satie

Ornella Volta nous a quitté à l’âge de 93 ans ce dimanche 16 aout au matin, elle qui durant une très grande partie de sa vie a étudier, travailler, écrit et mieux fait connaitre Erik Satie auprès du public. Sa longue histoire avec Satie commence par hasard dans les années 60, sa sœur lui demande de profiter d’un voyage à Paris pour lui apporter des informations sur un compositeur français qu’elle connait à peine, Erik Satie, et c’est là que la passion commence, elle consulte le peu d’ouvrage le concernant et quelques années plus tard elle décide de s’installer à Paris pour se consacrer entièrement au compositeur, elle rencontre ceux qui l’on connut, Pierre-Daniel Templier, le premier biographe, et aussi Georges Auric, Man Ray, René Clair, Henri Sauguet, Pierre Bertin et bien d’autres encore, elle réunit tout les documents le concernant, photos, articles, dessins, et aussi sa correspondance qu’elle publie dans l’ouvrage « Erik Satie, Correspondance presque complète » qui obtient le Prix du Jury du Prix des Muses en 2000. Elle publiera de nombreux ouvrages entièrement consacrés à Satie sur des sujets aussi pointus que ses dessins, la danse, tous ses écrits. Devenue Présidente de la Fondation Erik Satie, Ornella Volta ouvre à Montmartre le plus petit musée du monde « Le Placard » que Satie occupa quelques années, faute de subvention le musée ferme mais son travail continue, elle anime conférences, évènements, rassemble une quantité importante de documents qui seront ensuite déposés aux archives de l’IMEC, reconnue comme la biographe la plus importante de Satie, elle s’intéresse aussi aux domaines proches du compositeur, le mouvement DADA, le surréalisme, le groupe des Six pour lesquels elle est régulièrement consultée. Avant tout musicologue Ornella Volta a vraiment contribué à mieux faire connaitre et apprécié Erik Satie injustement mal aimé pendant bien des années. Jusqu’à la fin, elle a travaillé, corrigé avec acharnement malgré la fatigue pour terminer la nouvelle édition des « Ecrits » de Satie. Je l’ai vu rangé, classé, rassemblé, mettre en ordre une quantité de documents impressionnante, voulant être prête pour rejoindre paisiblement celui qu’elle a tant connu et aimé.

André SZEP

Satie Virtuel 2020

 

 

 

 

 

Comme chaque année depuis 2016, pour célébrer le 154e anniversaire de la naissance d’Erik Satie avec l’association Parade, Culture à Arcueil et Anis Gras-le lieu de l’autre, organisent un moment de partage musical autour de l’œuvre du compositeur arcueillais.
Musiciens, poètes, comédiens, amateurs que professionnels, sont invités à participer à ce moment convivial et artistique lors d’une grande séance d’improvisation organisée pour l’occasion.
Cette année, nous vous proposons de nous retrouver en ligne, dimanche à partir de 9h sur la page facebook de Culture à Arcueil pour souffler les bougies.
Au cours de la journée, vous découvrirez des documents d’archives et inédits choisis par l’équipe. Au programme : une rétrospective du 150e anniversaire, des morceaux de Satie interprétés par la pianiste portugaise Joana Gama, des archives de l’INA ou de France Inter, des anecdotes, un extrait d’un ballet de l’opéra de Paris, et bien d’autres posts encore. Et à 20h30, Konstantin Bogino et Miomira Vitas clôtureront la journée par un concert spécialement concocté pour ce Bœuf satien en ligne :

https://www.facebook.com/events/902525723520563/

Satie et le jazz, par Pierre Jourde

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a longtemps que je m’intéresse aux écrits de Satie (réunis par Ornella Volta chez Gérard Lebovici en 1977) et aux étranges indications d’exécution qu’il notait sur ses partitions. J’avais consulté celles-ci à la bibliothèque nationale, en vue d’une conférence que j’ai donnée au Musée d’Orsay, et de l’ouvrage que j’ai publié sur l’incongru chez Corti, notion dont Satie semble l’incarnation, dans sa vie et ses textes.

Erik Satie est l’un des tous premiers musiciens, en France, sinon le premier, à s’être intéressé au jazz dès sa naissance, durant la première guerre mondiale. En 1904 il avait composé « Le Piccadilly », premier ragtime écrit en Europe (mais son plus célèbre ragtime est le Ragtime du paquebot de Parade, en 1917 ). Debussy le suivra avec « Golliwogg’s cake walk » et « Le Petit nègre » (on peut considérer que le ragtime est le père du jazz). Les premiers concerts de jazz en France ont été donnés, à partir de 1917, par des orchestres composés de soldats noirs : James Tim Brymn et ses Black Devils, Will Vodery, Jim Europe et les Hellfighters, etc.

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