Qu’est-ce que tu lis ? Je lis Erik Satie

Erik Satie par Man Ray

Qu’est-ce que tu lis ? Je lis Erik Satie. Certains diront : mieux vaudrait l’écouter. Je le lis. On a le droit ? Erik Satie, on l’entend partout. Pas une journée à la télévision, pas une journée dans les ascenseurs, sans qu’on entende des morceaux, plus ou moins entiers, de quelqu’une de ses Gnossiennes, de quelqu’un de ses Préludes flasques. On l’entend et on ne l’écoute pas. Il avait inventé, la chose et le mot, la musique d’ameublement. Mais pas à propos de ses Gnossiennes, pas à propos de ses Préludes ! Ah, ah, il pensait se moquer, il est bien attrapé. Donc, je lis Erik Satie. Et je réponds à ma question : on a bien le droit, merde !

Il avait un frère, son prénom était Conrad, il sera encore question de lui à la fin de cet article. Eux-mêmes avaient une sœur, mais elle ne compte pas. On ne la cite que pour être complet. Une autre sœur était morte en très bas âge, ainsi sommes-nous archi-complet. Tous quatre étaient mi-écossais, mi-français, leur père avait séduit une Ecossaise, leur mère avait séduit un Français.

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Mémoires d’un amnésique

Amnesique

Comment aborder Satie ? De quel Satie parler ? Du compositeur fantasque, du musicien inclassable, de l’écrivain à ses heures ? Dans ce petit opéra comique sans lyrics, tout est de Satie, la musique et les mots. Tout n’est peut-être pas rangé, mais cet exercice d’équilibristes, qui réunit une quarantaine de partitions du compositeur, deux pianistes et quatre comédiens, lui ressemble, dévoilant en un portrait fragmenté, ludique, poétique et tendre les multiples facettes d’un artiste complexe et follement moderne.

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Ecrits : Etre musicien

Erik Satie par Marcellin Desboutin

Mais il ne suffit pas d’être musicien — ou d’en avoir l’air — il faut en avoir l’esprit……

….. Cet esprit est un esprit comme un autre ; ….
….il est le frère de l’Esprit littéraire,… de l’Esprit pictural,…. de l’Esprit scientifique,…. & de plusieurs autres esprits — tous plus spirituels les uns que les autres…..

,,,, Seuls,… ceux qui sont animés de cet esprit peuvent espérer atteindre certaines hauteurs de pensées,….. certains sommets de la spéculation…..

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A table

Auberge du Clou

Personnellement, j’ai toujours eu pour l’Art Culinaire une vive admiration, admiration nullement mitigée. Les « plaisirs de la table » sont loin de me déplaire, au contraire ; et j’ai pour la « table » une sorte de respect, plus, même.

Qu’elle soit ronde ou carrée, elle m’apparaît « cultuelle » et m’impressionne comme un grand autel (même « Terminus » ou « Continental », si j’ose dire). Oui.

Pour moi, manger est un devoir, un devoir agréable de vacances, bien entendu ; et je tiens à accomplir ce devoir avec une exactitude et une attention soutenues.

Doué d’un bon appétit, je mange pour moi, mais sans égoïsme, sans bestialité. Autrement dit, je me « tiens mieux à table qu’à cheval » bien que je sois assez bon cavalier.

Mais ceci est une autre histoire, comme le remarque si justement M. Kipling.

Dans les repas, mon rôle a son importance : je suis convive, comme, au théâtre, d’autres sont spectateurs. Oui… Le spectateur a un rôle défini : il écoute et voit ; le convive, lui, mange et boit. En somme c’est la même chose — malgré toute la dissemblance qui existe entre ces deux rôles. Oui.

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