N’allez pas au café

De nos jours, Raoul Ponchon, lui, sait ce que c’est que d’aller au café. Je l’y ai vu bien souvent ; par contre, il ne me voyait pas : j’étais trop bien caché.
Il m’est impossible de vous citer ici tous ceux que je connais et qui vont au café — vous vous en doutez. Je ne crois pas que d’aller au café, ou à tout autre endroit de ce genre, soit mauvais en soi ; j’avoue y avoir beaucoup travaillé ; et je crois que les illustres personnages qui y furent avant moi n’y ont pas perdu leur temps. Il s’y fait un échange d’idées qui ne peut être que profitable — à la condition de ne pas se faire remarquer.
Ecrits : Les libraires

Vendre, acheter des livres – quel régal ce doit être ! et combien j’ai de plaisir à visiter mes amies libraires Adrienne Monnier et Sylvia Beach !
La première de ces chères amies fonde sa maison en pleine guerre ; la seconde s’est installée, il y a deux ans – sous la protection du magnifique Shakespeare. Elles sont, à mes yeux, un exemple de courage.
Oublier Suzanne
il s’affale sur le clavier
la fulgurance du chapelet de notes l’apaise
espérer trouver l’inspiration dans la fadeur de l’aube naissante n’est pas dans sa nature ; au rai de lumière lactescent qui peine à trouer la crasse poisseuse qui plombe la dentelle du rideau, il préfère le lacis familier des moisissures qui colonisent le papier peint, là, juste devant lui, sur le mur où est adossé le piano
il écoute
dissonances infinies
le petit studio d’Arcueil est une cathédrale
Merci à Pascal I.
Ecrits : Fumez mon ami
Mon médecin m’a toujours dit de fumer. Il ajoute à ses conseils :
Fumez, mon ami : sans cela, un autre fumera à votre place.
Mémoires d’un amnésique – Erik Satie
