Théâtre : Erik Satie ou l’inconnu d’Arcueil

Quand on évoque ce compositeur, la plupart des gens vous citent les Gymnopédies, les faux cols, les parapluies, et sa « dinguerie » fantaisiste.
En fait, Satie a été le précurseur de la plupart des grands courants artistiques du 20e siècle : de l’impressionnisme au néo-classicisme, en passant par le dadaïsme, la musique atonale, le minimalisme et le théâtre de l’absurde. Il a initié ces mouvements sans avoir jamais adhéré à aucun d’entre eux.
Cet humble orgueilleux, a toujours pris soin de brouiller les pistes. Sa pudeur et son hypersensibilité l’ont amené à se créer un personnage, à s’entourer de mystère, et à se choisir, au milieu des humbles, une retraite dont il refusait l’accès à qui que ce soit. soucieux de ne jamais se répéter, il a obstinément cherché à débarrasser sa musique de tous les stéréotypes en vogue. Toujours plus de simplicité, telle fut sa quête, inlassablement.
Son honnêteté et son intransigeance lui firent dédaigner l’amour, l’argent et tous les compromis. Et s’il est dur d’être incompris de son vivant, la postérité lui a donné, et lui donnera, raison. c’est cette justice que nous voulons lui rendre.
Et, plus qu’une évocation biographique, notre création s’attache à restituer l’esprit du « pauvre musicien d’Arcueil », le style si particulier de ses écrits et son humour qui, chez lui, est vraiment la politesse du désespoir.
Erik Satie avait écrit : « le baron Méduse, c’est mon portrait, mon portrait en pied ». Notre pièce se voudrait, en hommage au « gymnopédiste », une peinture anarchique en trois dimensions, un hologramme cubiste de ce pré-dadaïste, dont on ne cessera jamais de pouvoir faire le tour. Et c’est tant mieux !
Jean O’Cottrell

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