La famille Veyssière, gardienne de la mémoire d’Erik Satie

Elle a beau prétendre que sa mémoire lui joue des tours, les anecdotes d’Annette Le Bonhomme-Veyssière à propos d’Erik Satie sont étonnamment précises. Au point, parfois, d’en faire oublier à son interlocuteur que le célèbre pianiste et compositeur est mort il y a quatre-vingt-onze ans !
Si cette habitante de Cachan en sait aussi long sur le musicien, dont a célébré le 150e anniversaire de la naissance tout au long de l’année, c’est parce que son grand-père l’a bien connu. Au début du XXe siècle, Léon-Louis Veyssière vivait en effet au 11, rue de Cauchy, à Arcueil. « Erik Satie, lui, habitait la maison dite « des quatre cheminées », au numéro 22, raconte Annette Le Bonhomme-Veyssière. Durant la guerre de 14-18, à chaque alerte, il venait frapper chez mes grands-parents, et disait : « Je viens mourir chez vous ». Ce à quoi ma grand-mère répondait : « Profitez-en pour venir manger le pot-au-feu ». »


Sans le sou, Erik Satie emménage à Arcueil en 1898, après avoir dû quitter son « placard » de Montmartre. La maison était auparavant occupée par un certain « Bibi la purée », qui prétendait avoir été le secrétaire particulier de Paul Verlaine. Parallèlement à ses activités artistiques parisiennes, il s’investit dans la vie locale. « Avec mon grand-père, il a participé à la création du patronage d’Arcueil, pour occuper les enfants en dehors des heures d’école, et éviter qu’ils ne traînent dans les rues, rappelle Annette Le Bonhomme-Veyssière. Il y est devenu bénévole et y dispensait des cours de musique. Il entretenait une très belle relation avec les enfants, et leur donnait toujours les pièces qui traînaient dans ses poches. »

Conscient de la valeur patrimoniale de tous ses souvenirs, Léon-Louis Veyssière les a consignés par écrit. C’est son arrière-petit-fils, le fils d’Annette, qui a eu l’idée de faire éditer l’ensemble, dans un petit livret. S’il ne s’est pas très bien vendu, il a le mérite de garder le souvenir du compositeur des « Gymnopédies » bien vivace au sein de la famille. Au point de lui faire élaborer des théories sur les rares zones d’ombre persistant à son propos : « A la mort d’Erik Satie, en 1925, on a trouvé chez lui de très nombreux parapluies, explique-t-elle. On a prétendu que c’était parce qu’il en faisait collection. Mais moi, je suis certaine qu’ils appartenaient en réalité à Bibi la purée. Pourquoi ? Parce que mon grand-père, qui l’a côtoyé pendant des années, ne l’a jamais vu avec un parapluie ».

Source : Le Parisien

 

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