D’Arcueil à Orange : l’extrême droite et la musique

Erik Satie à Montmartre

Puisqu’il fut levé par Le Parisien un 1er avril, on a d’abord cru que ce lièvre aurait un goût de poisson – mais c’était plutôt un poison. La scène se passe à Arcueil, commune du Val-de-Marne mondialement célèbre pour avoir compté parmi ses administrés un certain Erik Satie. Les liens entre l’excentrique musicien et la ville où il est enterré étaient d’ailleurs si forts, qu’ils donnèrent naissance, en 1923, à « l’école d’Arcueil », regroupant quelques-uns de ses plus fervents disciples.

Or, le 31 mars dernier, l’ordre du jour du conseil municipal comportait une délibération sur le cent cinquantième anniversaire du « monsieur compositeur d’Arcueil », ainsi qu’il se désignait parfois – anniversaire que l’on célèbre ce 17 mai. A priori, pas de quoi s’écharper. Sauf qu’au lieu de tresser des couronnes à la gloire locale, un représentant du Front national a préféré lui tailler un costard. Denis Truffaut – c’est son nom – a même rhabillé pour l’hiver ce pauvre Satie, le traitant de « lâche », « hypocrite », « médiocre », « illuminé ».

« Citant le site Wikipédia », raconte Le Parisien, l’élu a brocardé l’auteur des Gymnopédies sous prétexte qu’il « s’est fait réformer, qu’il a été renvoyé du Conservatoire […], qu’il a créé un thème où le motif musical est reproduit 840 fois [les fameuses Vexations] ». Avant d’ajouter : « Pour moi, ça n’est pas un exemple à célébrer. Je refuse que l’argent public serve à honorer un membre du Parti communiste alcoolique [sic]. »

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